Marcel Defoin

Le 4 août 1914, les Allemands franchissent la frontière belge. Au même moment Marcel Defoin naît à Auvelais, sur les bords de la Sambre.  Cette conjonction de faits sera déterminante pour lui. Très attaché à sa région et à son fleuve, il sera marqué à vie par la fascination et le dégoût de la guerre. « Depuis que je respire, je n’entends parler que de bataille et de mobilisation. Tout ce que j’écrirai encore en sera imprégné, je le sais » confiera-t-il un jour à Jean Fiévet, critique littéraire au quotidien carolorégien Le Rappel, dans une interview datant de 1961.(1917, 1918, 1919, 1920 avec son frère)

Marcel Defoin est né aussi dans un ancien relais de poste du XVIIIème siècle transformé en hôtel par ses parents.  C’est donc aussi naturellement qu’il se passionne pour l’histoire et la littérature, il laisse ses études d’Ingénieur Technicien à l’Université du Travail de Charleroi inachevées et entre, à la fin des années 30, aux Glaceries d’Auvelais. En 1938, il épouse Marie-Louise Malaisse, la véritable passion de toute sa vie. Maréchal des logis dans la cavalerie, il est évidemment mobilisé peu avant 1940 et rejoint son régiment  d’artillerie 15A basé à Tirlemont. La guerre à nouveau fait irruption dans sa vie. Le 10 mai 1940 commence la campagne des 18 jours. La Belgique capitule le 28 mai. Les Allemands regroupent les officiers belges et leurs soldats. Fait prisonnier lors de la bataille de Lys, à Nevele, Marcel Defoin n’échappera à l’envoi dans les camps que grâce à son appartenance à un régiment flamand et à ses collègues néerlandophones qui l’aideront à fuir!

Il se consacre alors à son métier de vendeur pour une grosse entreprise de Bruxelles puis, à la fin des années 40, pour les Usines Quinet basées à Gilly. Il s’installe en 1947 à Lodelinsart, tout près de Charleroi, où sa fille Christine naît en 1952.

Au cours des années 50, vendre permettra à Marcel Defoin de développer son sens inné de la psychologie, sa verve, son entregent et son art de la séduction

Au début des années soixante, il décide d’associer ses dons de vendeur et son sens de la formule pour ouvrir la première agence de publicité de la région de Charleroi. C’est un succès immédiat. Son slogan « Pour vendre, il faut tout oser », il va le mettre concrètement au service des plus grosses firmes, fleurons de la région de Charleroi, comme les entreprises Koeckelberg, le constructeur Paquet, l’importateur de vins Franz Tricot ou des restaurants comme Le Prince de Liège à Gembloux, dont on sait vers quelles réussites il les a amenés… Ce succès ne se démentira pas jusqu’au début des années 90 quand il se retire des affaires pour se consacrer à la peinture et à l’écriture.

En 2002, le labyrinthe d’Alzheimer attire peu à peu sa mémoire et l’empêche de se livrer à la passion de toute sa vie, la lecture. La musique lui devient alors indispensable. Sa lucidité sur le monde, ses guerres et ses souffrances ne sera cependant jamais prise en défaut non plus que son humour et son amour des êtres humains, de la vie et de sa famille.

Il décède le 4 novembre 2004, dans la sérénité.

 

 

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