réaliser (la composition)

Il y a un peu moins d’un an, lors de la leçon de composition, Isabelle Ravet nous amenait à appliquer la démarche générale qui consiste à mettre en œuvre la composition selon des principes de base puis à la photographier. C’est la photo qui sert de base à la création picturale, un peu à la manière d’esquisses.

Pour que le travail réalisé au stage ne reste pas vain, encore fallait-il réaliser la toile ! L’idée initiale de ma composition  était d’intégrer un petit masque vénitien dans un ensemble nostalgique, à l’ancienne. La photo retenue en fin de compte avait pour intention de donner l’impression d’un retour de voyage – le sac entrouvert mais dont on ne connaît pas le contenu -, au moment précis de l’arrivée, à cet instant où l’on dépose les objets de l’apparence, le masque, les bijoux, et où seules les images – la photo glissée dans le livre – témoignent de ce qui vient s’être vécu. Le choix s’était porté sur des objets connotés dans le temps, comme la toile de Jouy ou le modèle du sac, mais sans référent temporel précis.

J’ai choisi de réaliser la composition sur une toile de 60/50 en coton.

Étape 1 : préparer le travail

  • La toile a d’abord été longuement préparée comme indiqué dans la session « préparer une toile ».
  • Les contours des objets ont ensuite été transférés sur la toile.

    Étape 1
  • Pour la partie supérieure du fond, j’ai préparé un mélange de pâte à texturer et d’acrylique blanc auquel j’ai ajouté du noir de mars et une pointe de terre de sienne brûlée. La matière a été étendue au couteau, tout autour des objets préalablement tracés sur la toile. Il était en effet indispensable qu’ils ne soient pas recouverts. Le choix d’un fond à l’aspect brut relevait d’une décision de faire contraste avec la relative élégance des objets de l’avant-plan. Sur le plan symbolique, il s’agissait aussi d’opposer la « brutalité » du monde auquel on revient face au raffinement du monde que l’on vient de quitter.
  • J’ai ensuite peint la zone recouverte de la toile de Jouy. J’ai tracé les motifs complexes sur la partie inférieure en respectant bien les mouvements du dessin le long des plis et je les ai peints (acrylique noir de mars, blanc heavy body et une pointe de terre d’ombre naturelle).
  • Enfin, j’ai recouvert le tracé des objets d’une première couche d’acrylique, ton moyen dans chaque nuance, pour les délimiter et poser déjà les zones de couleur.

Étape 2 : coller, colorer, ombrer

Etape 2
  •  Dans cette composition l’option a été prise de coller une photocopie d’une photo réelle, vraiment prise à Venise et symbolique pour l’artiste. La pose s’est faite en enduisant le papier de colle pour scrapbooking sur les deux faces avant de le placer sur la zone, elle-même enduite légèrement de colle. Attention, dans ce cas, vérifier que le document adhère parfaitement à la toile, effacer tous les plis et bien laisser sécher !
  • Les zones de couleur ont alors été définies avec plus de précision et de nuances à l’acrylique. Il faut travailler alors avec trois tons en plus de la nuance moyenne. La couverture du livre a été travaillée au pinceau à marbre pour donner l’effet vieilli.
  • Enfin, les plis de la toile de Jouy ont été ombrés (à l’alkyd) pour permettre de donner une première assise aux autres objets.
Étape 3

Étape 3 : traiter chaque matière

  • Objet par objet on a alors travaillé les différentes matières : métal pour la fermeture du sac, verre, cuir, perles, reliure, dorures du masque, etc.
  • J’ai veillé à travailler successivement chaque objet pour qu’aucun ne prenne du « retard » par rapport à la composition générale.

 

Étape 4 : ombrer et éclairer

Étape 4
  • A ce stade, on note bien que les objets ne sont pas encore « posés » sur la table recouverte de toile de Jouy. Ils « flottent » encore un peu. Il est donc indispensable de les intégrer dans leur espace en renforçant leur ombre.
  • J’ai aussi veillé aussi à mettre des glacis sur certains d’entre objets (la photo, le livre,…) pour les intégrer dans l’ensemble ou pour leur donner du relief (le masque, par exemple).
  • J’ai intégré les reflets dans le verre et sur les perles.

Étape 5 : remettre sur le métier

  • Chaque élément de chaque objet a été revu, précisé, amélioré : les dorures du masque, la fermeture du sac, les détails du cuir, le fermoir du collier, chaque perle, les facettes du verre, etc.
  • Les ombres et lumières de la toile de Jouy ont été renforcées et retravaillées.
  • Toutes les ombres ont été posées à nouveau.
  • Des points de lumières ont été posés.

 

Il ne reste plus qu’à signer!

Total : +/- 70 heures de travail

 

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Photos Copyright © 2017 Amélie Haut

 

 

 

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