Signes éphémères

J’ai eu l’occasion de voir l’accrochage éphémère qu’Amélie Haut proposait ce week-end. Privée de SAC cette année, Amélie souhaitait présenter son travail à Charleroi, ce qu’elle a fait dans un appartement vide transformé en galerie l’espace d’un week-end. Les nombreux invités qui se pressaient au vernissage pouvaient donc tout à la fois satisfaire leur intérêt pour le travail pictural d’Amélie et s’intéresser à l’espace, situé au cœur de la ville et complètement rénové. Bon à savoir si vous cherchez à louer un appartement dans le centre de Charleroi à deux pas (ou moins) de Rive Gauche!

La technique d’Amélie Haut s’affirme à chaque tableau, c’est un fait. Formée au trompe l’œil à l’atelier d’Isabelle Ravet, elle a commencé par réaliser des tableaux essentiellement décoratifs, et elle ne les renie pas. Lors de cet accrochage éphémère, une pièce était d’ailleurs réservée à montrer une série de fleurs, fruits et autres verres de vin, qui ont séduit plus d’un visiteur. Mais les toiles réunies dans la pièce principale montrent clairement que, désormais, elle se dirige vers une réflexion différente. Certains peintres revendiquent un travail précis sur la lumière. D’autres s’essayent à diverses techniques. D’autres encore reproduisent à l’infini les variations d’un modèle ou d’un paysage. Et il y en a qui choisissent d’abstraire leur vision du réel ou qui la subvertissent. Amélie Haut a conservé dans ses nouvelles toiles le principe du trompe l’œil appliqué à des natures mortes. Et l’on reconnaît toujours son goût pour les ombres très marquées, les contrastes soutenus et les fonds foncés. Mais ici, elle se sert du processus de la reproduction fine (photographique) du réel pour soutenir la narration mise en œuvre dans ses compositions. Certes, tout tableau signifie toujours, pour quelqu’un, quelque part, quelque chose. Mais chez Amélie Haut, on sent que le méta-discours sur l’œuvre est tout aussi important que l’œuvre elle-même. Quand elle vous explique qu’un triptyque – dont les trois parties sont intitulées respectivement Diversité, Impossiblité et Enfermement – représentant une collection de coquillages sous divers angles est, pour elle, une métaphore de la crise migratoire, on adhère ou pas. Mais on peut comprendre. Elle a une formation littéraire et ça se sent. Dans son travail, le récit est central et le sens, primordial. Ce n’est pas pour rien que l’exposition s’intitulait Signes de vie. Les nouvelles toiles d’Amélie Haut, essentiellement des vanités, avec leurs objets hétéroclites ou étranges (restitués encore mystifiés, comme dirait Roland Barthes) imposent, au-delà de la simple fonction reproductive de l’image, une approche du sens de la vie, optimiste mais lucide.

Virginie Renson (Visual art critics)

 

Je remercie chaleureusement Virginie Renson pour cet article publié sur son blog de critique artistique et qu’elle m’autorise à reproduire ici. Amélie Haut

Texte soumis à la loi sur la reproduction. Autorisation à demander à amelie.haut01@gmail.com

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