Cécile Payen expose à Arquennes

22 avril 2016. L’artiste Cécile Payen expose pour quelques trop rares jours à Arquennes (Belgique) dans une salle que l’on croirait prévue pour elle: de grandes fenêtres laissent la  lumière du jour entrer à profusion pour éclairer naturellement les œuvres présentées. Car les mots lumière  naturelle sont les mieux adaptés pour décrire le travail qui nous est montré ici. Cécile Payen aime les tons clairs, les approches beige, ocre ou grisées dans lesquelles elle pose ses sujets avec une délicatesse presque maternelle. Si elle peint souvent des fruits – et même des légumes – il n’y a rien de la nature morte dans  sa composition. Ses cerises semblent n’attendre, dans leur bol, que la main d’un enfant chapardeur, ses pommes d’hiver givrées sont prêtes à trembler sous les prochains flocons, ses abricots viennent d’être cueillis et encore chauds de soleil et ses groseilles ont une transparence rare quand on utilise la peinture acrylique, comme c’est son cas. Mais elle aime aussi saisir des instants privilégiés de la vie qui passe: un pécheur vietnamien méditant, des enfants rentrant de l’école, des mouettes affairées au bord d’une vague…

Étrangement, Cécile Payen a commencé son parcours artistique par  un travail sur les encadrements. Elle a composé de nombreux pèle-mêle dans lesquels elle enfermait des objets miniatures .  Sans doute a-t-elle voulu un jour quitter le bord – la frontière? – et  entrer dans l’œuvre elle-même pour découvrir sa complexité et ses dédales? Elle a bien fait! Car c’est probablement cette première étape qui lui a donné le sens de la composition et a rendu ses ombres si délicates.

Vous n’avez que très peu de temps pour découvrir l’exposition mais n’hésitez pas! Ne serait-ce que pour une seule toile : un service à thé en argent dans lequel vous aurez presque l’impression de vous refléter et qui vous donnera toute la mesure de la maitrise technique de Cécile Payen autant que de l’âme qu’elle met dans chacune de ses toiles.

Texte soumis à la loi sur la reproduction. Autorisation à demander à amelie.haut@gmail.com.

 

Y croire encore…

Face à la folie, à la mort donnée au nom de l’obscurité et du bâillonnement , pour trouver le courage de croire qu’il faut continuer, il ne me vient à l’esprit que le vers d’Apollinaire:
« … comme l’espérance est violente ».

Être plurielle pour être

Il faut du temps pour créer un blog personnel, c’est à dire finir par ouvrir une fenêtre sur soi-même, se dire et montrer, même si l’on imagine qu’il ne sera pas lu… ou si peu. Il faut du temps et une bonne dose de vanité pour poser ce geste, un peu futile, certainement narcissique. Il faut du temps, de la vanité mais aussi de l’espérance parce que laisser une trace, si volatile , si électroniquement fragile soit-elle, c’est croire que la mémoire importe, même si peu, que les traces ont un sens dans ces signes et ces lignes que nous laissons derrière nous, comme autant de points d’ancrages dans notre escalade du temps-Everest.

Et si je veux partager avec mon père mon blog et  la galerie de nos travaux c’est pour la même raison: faire rendre grâce à l’oubli.