Éthique de la copie

Au sein de notre collectif, « Les peintres du mercredi » qui se retrouvent – le mercredi – à l’Atelier Isara, nous travaillons la plupart du temps à partir de photos. Et il est vrai que pratiquer de la sorte permet de gagner le temps de la réflexion, de la composition, et de trouver un « regard » fini sur un sujet. Dès lors surgit régulièrement la question de la reproductibilité du document et du comportement à avoir par rapport à ce qui est déjà le produit d’une création de quelqu’un d’autre.

L’excellent magazine bimensuel Pratique des Arts a publié, dans son numéro de printemps, un article de Stéphanie Portal consacré à ce sujet. On trouvera sous l’onglet « Transmission » une page proposant la synthèse de  ce texte ainsi que des liens vers des sites juridiques belges qui se penchent sur la problématique de la copie.

La transmission comme posture

Aujourd’hui, tout le monde et chacun parlent de posture. La posture, au lieu de se limiter à l’acception connue d’attitude ou de position, devient un principe actif. On parle désormais de posture professionnelle, philosophique, politique ou même littéraire. Dernièrement, Emmanuel Macron confiait au JDD qu’en matière de refonte de l’assurance chômage, il ne devait y avoir ni tabou ni posture!

Bon, moi, ça me va le mot posture pour signifier comportement et je trouve qu’il a toute sa place dans la section « Signes » de ce blog parce qu’il me rappelle le magnifique belgicisme qu’employait Tante Georgette quand elle me disait, en désignant les statuettes en biscuit posées sur sa cheminée, « tu vois, ces belles postures, un jour elles seront à toi ». Je n’ai pas hérité des postures de Tante Georgette. Mais bien de celle de ma mère qui n’entendait pas la vie sans transmission des savoirs. La transmission, chez elle, était, bel et bien, de l’ordre de la posture.

Alors, ce blog se devait d’avoir un onglet Transmission. Voilà qui est fait! Et parce que l’agencement des postures de Tante Georgette sur sa cheminée en marbre obéissait à des règles secrètes, presque magiques, je commencerai par un article sur l’atelier qu’Isabelle Ravet a consacré à la composition! Il n’y a pas de hasard.

Texte soumis à la loi sur la reproduction. Autorisation à demander à amelie.haut@gmail.com

 

 

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De l’indispensable boite à brol*

L’Atelier Isara proposait ce dimanche 10 juin 2016 une journée de formation à l’art de la composition. Ses élèves du mercredi demandaient depuis longtemps à Isabelle Ravet de les initier aux secrets qui président à la mise en scène du sujet. On trouvera d’ailleurs bientôt sur l’onglet « Signes » de ce blog quelques-uns d’entre eux. Mais, ce qui motive cet article ce ne sont ni les lignes de fuite, ni l’espace négatif et moins encore les points de focalisation. Ce qui a interpelé l’imaginaire de Jado, AmHo ou Cécile pendant tout ce dimanche, ce sont les boites à brol d’Isabelle. La boite à brol, c’est un succédané du grenier d’enfance, de la caverne d’Ali Baba, de la malle de grand-mère, du vide-poche ou du fourre-tout. Dans les multiples boites à brol d’Isabelle, il y a des boutons, des tickets de tram, des petites tasses en porcelaine jaune, des verres de Venise, des photos en noir et blanc aux bords dentelés, des chutes de tissus moirés, des essuies à carreaux, des cuberdons, des coquillages, de boule de thé, des dés, des papiers colorés, des œufs de cent ans, des plumes, des bouts de bois, de très petits bols, des bols chinois, et même… des cigares Cohiba ! La boite à brol, c’est la respiration. C’est elle qui offrira soudain à l’esprit, devant la composition défaillante, la réponse qu’il cherchait. C’est elle qui fournira l’équilibre à un ensemble vacillant. C’est elle qui suppléera au vide. La boite à brol, c’est l’incident du tableau. La boite à brol, c’est l’indispensable pulsion de l’imaginaire.

*Depuis 2013, le mot brol a fait son entrée dans le dictionnaire Petit Robert (page 306 de l’édition 2015), référencé comme belgicisme, avec pour définition « désordre, fouillis, ensemble d’objets disparates ». Cet article pourrait donc être compris de Bruxelles aux Pyrénées et jusqu’à Montréal !

 

Texte soumis à la loi sur la reproduction. Autorisation à demander à amelie.haut@gmail.com