Julieta a-t-elle tué Roméo?

Almodovar aime les femmes, on le sait, et ce ne sont pas Pepi, Luci, Bom ou les autres filles du quartier qui me contrediront. Il a donc donné à son dernier film un prénom de femme, Julieta, parce qu’il y revisite l’histoire de Roméo et Juliette. Un soir, un train… et  Xoan, le ténébreux pécheur galicien, s’éprend de Julieta, la solaire andalouse, professeure de lettre classique. Évidemment, tout les sépare – la distance autant que la famille ou les préjugés – mais bon, c’est Roméo et Juliette revisités alors ils se retrouvent, s’aiment et font un enfant. Jusqu’au jour où quelques années plus tard, après une dispute, Xoan part en mer, malgré la tempête, et se noie. Julieta sombre dans la dépression car elle se sent ou se croit coupable de n’avoir pas retenu Xoan / Roméo. Le temps passe. Leur fille se sent coupable. Les amis se sentent coupables. Le temps passe. Tout le monde se sent coupable de l’une ou l’autre chose. Le temps passe. Mais la culpabilité n’a que faire du temps. Qu’elle s’apaise, se taise ou se terre, elle resurgira, un matin, au détour d’une rue, par hasard. Plus que la tempête,  Julieta est-elle décidément coupable de la mort de Roméo?

Non, je n’ai pas aimé ce dernier opus d’Almodovar. Indépendamment d’une écriture cinématographique maitrisée dont il nous montre toutes les facettes, de la voix off au récit dans le récit, du flash back aux ellipses, l’histoire se traine. C’est long, prévisible, ennuyeux. Rien n’étonne … pas même le papier peint des appartements madrilènes, si caractéristique de l’esthétique almodovarienne.

Pepi, Luci, Bom, les autres filles du quartier, leurs mères et moi somme consternées: serions-nous coupables de ce qu’il est advenu de Pedro?

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Mohamad Omran expose à Argelès

Mohamad Omran expose à la Galerie Marianne d’Argelès du 19 mai eu 15 juin 2016. Sculpteur et peintre d’origine syrienne, Omran a fait ses classes à la Faculté des Beaux- Arts de l’Université de Damas avant d’obtenir un master d’histoire de l’art contemporain à l’Université Lyon 2 où il s’installe . Son travail a été souvent et largement récompensé.
A la Galerie Marianne d’Argelès, il propose une bonne vingtaine de petits formats (environ 25/25, encre de chine, aquarelle et acrylique sur papier) ainsi que des sculptures (terre et résine), pas très hautes non plus, blanches, colorées ou imitation bronze. L’originalité de l’exposition réside dans l’universalité du propos. Les œuvres réunies ici traitent de l’attente. L’être humain occupé à attendre. Seul. En couple ou à plusieurs. Avachi dans son fauteuil ou le dos bien droit sur une banquette que l’on imagine dure. En prison. Au quotidien. Le trait fin mais brutal dans sa lucidité ajoute une sorte d’irrévocabilité dans le propos. Comme si l’attente était un caractère humain, par essence.

Omran - L'attente
Omran – L’attente

Quant aux sculptures, qui reproduisent certains des personnages dessinés, elles se présentent en pièces individuelles ou groupées sous la forme d’ensemble de 3, 8 ou 12 pièces. Ces ensembles pourraient d’ailleurs être plus importants car le travail d’Omran offre la particularité de n’être pas figé. Chaque pièce est donc interchangeable. Et les groupes peuvent être dissociés, associés, décomposées, défaits, reconstruits, déconstruits. Tels des groupes d’humains, aveuglés par d’épaisses lunettes, en attente de  l’improbable. De Godot ?

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La narration

Vacances dans le sud de la France. Dans trois jours retour à la maison après une longue route de 1200 km avant de retrouver le quotidien. Mais cette année, les derniers jours de vacances sont aussi complètement pollués par le mouvement de grève de la CGT qui bloque les raffineries et engendre une pénurie d’essence dans les stations-services. Et 1200 km, ça va consommer de l’essence, forcément. Au moins deux pleins ! Ce qui est très perturbant c’est le fait d’en entendre constamment parler à la télévision ou à la radio. Impossible d’ouvrir le poste sans avoir une foule de détails sur la situation, l’évolution en direct – nos auditeurs indiquent sur notre page facebook que … -, les conséquences sociales, les heures d’attente à la pompe parfois en vain, et ainsi de suite inlassablement… Donc, il faut aller faire un bon gros plein en Espagne, là où l’on est seul dans la station ! Car il semble que l’effet « je prends mes précautions » ait été plus dévastateur que le blocage lui-même. Cette pénurie d’essence ne relèverait-elle que de la narration médiatique ?